La porte de la chambre d’hôtel claque derrière nous. Ouagadougou suinte dehors, humidité lourde comme un voile. Samir sort de la piscine, peau luisante, short mouillé collé à ses cuisses musclées. Moi, Carole Duval en surface, mais dessous, Anonyme palpite. Dans mon sac, le costume : latex noir moulant, masque couvrant la moitié du visage, zip qui descend du cou à l’entrejambe. J’ai apporté ça du salon du spa, ce décor kitsch aux faïences érotiques jaunes et rouges, où les malabars en blanc m’ont filé des frissons interdits. Ici, dans cette suite climatisée, l’air sent le chlore et mon parfum capiteux, vanille et musc.
Je le plaque au mur. ‘Attends, Samir. Ce soir, je ne suis pas Carole. Je suis Anonyme, ton héroïne secrète sortie d’une convention sombre.’ Mes doigts tremblent en relevant ma jupe. Le latex craque, frotte ma peau rasée, odeur chimique âcre qui monte. Il écarquille les yeux, excité, perdu. Je zippe le costume sur mes seins fermes, le masque sur mes yeux verts. ‘Viens, touche. Suis-moi dans mon monde.’ Sa main hésite, puis glisse sur le latex lisse, froid d’abord, puis chaud de mon corps. Tension électrique. Je sens sa queue durcir sous le short. Le jeu commence. Fiction et réalité fusionnent. Je suis l’inconnue masquée, libre de tout. Sa bouche trouve mon cou, goûte le latex salé. ‘Putain, Carole… Anonyme…’ Je ris bas, rauque. Ma main fouille son short, empoigne son sexe raidi. L’adrénaline cogne. On bascule sur le lit king size, draps froissés comme une scène de quête underground.
L’Approche : Masque relevé, désir qui monte
Ça explose. Sauvage. Je grimpe sur lui, zip baissé, chatte trempée offerte. ‘Baise ton héroïne, Samir ! Défonce Anonyme !’ Il grogne, arrache son short. Sa queue épaisse s’enfonce d’un coup, latex qui claque contre sa peau. Frottements intenses, bruits humides : ploc-ploc de la mouille, craquements du costume tendu. Odeur de sueur, de latex chauffé, de son foutre qui perle. Je chevauche, seins ballottant hors du zip, ongles griffant son torse. ‘Plus fort, salaud ! Fais-moi hurler sous le masque !’ Il me retourne, cul en l’air, masque toujours en place. Pilonnages brutaux, lit qui grince, claquements de cuisses contre latex. Mon clito pulse, frotté par le rebord du costume. ‘Je vais jouir, putain ! Remplis-moi !’ Dialogues sales crachés entre halètements. Son gland gonfle, explosion chaude au fond. Je convulse, spasmes qui secouent le latex, cris étouffés par le masque. Orgasme partagé, viscéral, comme une mort en vie.
Puis, le vide. Je retire le masque, zippe le costume. Redeviens Carole, fragile, yeux rougis. ‘Pars d’ici, Samir. Danger.’ Douche brûlante ensemble, eau qui lave latex et sperme, odeurs diluées. On s’habille, sortons manger. Dans la foule du restaurant huppé, je disparais. Une étrangère parmi les convives. Anonyme s’efface, pulsions rentrées. Demain, la banque, les archives perdues. Mais cette nuit, j’ai vécu. Libre.