Le regard du peintre

La lumière du soir filtrait à travers les persiennes de l’atelier, dessinant des bandes dorées sur le parquet usé. J’étais allongée sur le vieux canapé de velours vert, un bras nonchalamment replié sous ma tête, l’autre reposant sur mon ventre. Mon chemisier de soie blanche était encore boutonné jusqu’au col, mais je sentais déjà la caresse du regard de Marc sur ma peau.

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— Relève un peu le menton, Élodie… Oui, comme ça. Parfait.

Sa voix était basse, presque un murmure. Il avait insisté pour que nous travaillions en fin de journée, quand la lumière devenait chaude et douce. J’avais accepté sans trop savoir pourquoi. Peut-être parce que ses toiles, aperçues lors de l’exposition à la galerie du vieux quartier, m’avaient troublée. Des corps féminins à demi dévêtus, saisis dans des poses intimes, jamais vulgaires. Juste sensuelles.

Ce 12 mai, j’avais franchi le seuil de son atelier avec une bouteille de vin rouge et une pointe d’appréhension délicieuse. Marc, la quarantaine élégante, les tempes légèrement grisonnantes, m’avait accueillie avec ce sourire qui semblait déjà connaître tous mes secrets. Nous avions bu un verre, parlé de tout et de rien. Puis il avait sorti ses pinceaux.

Le lendemain, 13 mai, je suis revenue. Cette fois, il m’a demandé de défaire deux boutons de mon chemisier. J’ai obéi lentement, sentant le tissu glisser sur ma gorge. Mon soutien-gorge de dentelle noire contrastait avec la blancheur de la soie. Je voyais ses yeux s’attarder sur la naissance de mes seins, et curieusement, cela ne me gênait pas. Au contraire. Une chaleur sourde montait en moi, comme une onde lente et voluptueuse.

— Tu es magnifique quand tu te laisses regarder, a-t-il murmuré en mélangeant ses couleurs.

J’ai souri sans répondre. Ce soir-là, en rentrant chez moi, j’ai laissé ma main s’attarder longtemps sous la douche, repensant à son regard qui glissait sur ma peau comme une caresse invisible.

Le 15 mai, l’atmosphère avait changé. Il pleuvait sur la ville. L’atelier sentait l’huile de lin et le café frais. Marc m’a proposé de retirer mon chemisier complètement. « Pour la composition », a-t-il dit. J’ai hésité une seconde, puis j’ai fait glisser le tissu le long de mes épaules. Le soutien-gorge est resté. Mes seins, fermes et ronds, étaient à peine contenus par la dentelle. Je me suis allongée de nouveau, cette fois sur le côté, une jambe légèrement repliée. La jupe légère que je portais remontait haut sur mes cuisses.

Il peignait en silence. Seul le bruit des gouttes sur la verrière et le frottement du pinceau sur la toile troublaient le calme. Je sentais mes tétons durcir sous son regard. Chaque fois qu’il levait les yeux vers moi, une petite décharge électrique me traversait le ventre. J’ai fini par fermer les yeux, me laissant porter par cette sensation nouvelle : être désirée sans un mot, sans un geste déplacé.

Le 18 mai, je suis arrivée avec une robe légère, sans soutien-gorge. Le tissu fluide épousait mes formes, et mes seins pointaient légèrement sous l’étoffe à chaque mouvement. Marc n’a rien dit, mais son sourire en coin m’a fait comprendre qu’il avait remarqué. Cette fois, il m’a demandé de m’asseoir sur le rebord de la fenêtre, dos à la lumière. La pluie avait cessé. Le soleil couchant baignait la pièce d’une lueur orangée.

— Laisse glisser une bretelle, a-t-il soufflé.

J’ai obéi. Le tissu a glissé, découvrant un sein entier. L’air frais a fait frissonner ma peau. Mon mamelon s’est dressé instantanément. Marc s’est approché pour ajuster la lumière, et j’ai senti son souffle sur mon épaule nue. Il ne m’a pas touchée. Pas encore. Mais son regard était une caresse brûlante. Je me suis surprise à écarter légèrement les cuisses, laissant la robe remonter jusqu’à la limite de ma culotte de soie.

Ce soir-là, en rentrant, j’étais trempée de désir. J’ai à peine fermé la porte que mes doigts ont trouvé mon sexe déjà mouillé. J’ai joui rapidement, violemment, en repensant à ses yeux posés sur mon sein découvert.

Le 21 mai, tout a basculé sans que nous l’ayons vraiment décidé. J’étais nue cette fois. Complètement. Allongée sur le canapé, un drap de soie rouge négligemment posé sur une hanche. Mes seins lourds et fermes pointaient vers le plafond, mes jambes légèrement écartées. Marc peignait debout, torse nu à cause de la chaleur. Je voyais les muscles de son dos rouler à chaque coup de pinceau.

— Écarte un peu plus les jambes, Élodie… Montre-moi.

Sa voix était rauque. J’ai obéi, sentant l’air caresser mon intimité offerte. J’étais trempée. Je le savais. Il le savait aussi. Son regard s’est attardé longuement entre mes cuisses. J’ai gémi doucement, sans pouvoir me retenir. Il a posé son pinceau.

Il s’est approché. Lentement. Ses mains ont effleuré mes chevilles, puis sont remontées le long de mes mollets, de mes cuisses. Quand ses doigts ont frôlé mon sexe brûlant, j’ai cambré le dos en poussant un long soupir. Il m’a caressée avec une douceur infinie, écartant mes lèvres, trouvant mon clitoris gonflé de désir. Deux doigts sont entrés en moi tandis que son pouce tournait lentement sur mon bouton sensible.

J’ai joui en criant, mes hanches se soulevant du canapé. Il m’a regardée tout du long, les yeux brillants. Puis il a retiré ses doigts et les a portés à sa bouche, me goûtant avec un plaisir évident.

Je me suis redressée, encore tremblante. Ma main a trouvé la bosse dure sous son pantalon. Je l’ai libéré, épais, veiné, magnifique. Je l’ai pris dans ma bouche sans attendre, le léchant, le suçant avec gourmandise. Ses mains se sont perdues dans mes cheveux auburn tandis qu’il gémissait mon prénom.

Il m’a prise ensuite sur le canapé, lentement d’abord, puis avec une force qui m’a fait perdre la tête. Chaque coup de reins m’arrachait des cris de plaisir. Mes seins dansaient sous ses yeux, mes jambes enroulées autour de ses hanches. Quand il a joui en moi, profondément, j’ai eu un deuxième orgasme, plus intense encore, qui m’a laissée pantelante et comblée.

Le 23 mai, je suis retournée à l’atelier. Le tableau était presque fini. Marc m’a montré la toile. On y voyait une femme nue, offerte, le regard perdu dans un plaisir à peine contenu. C’était moi. Exactement moi.

Ce soir, en refermant la porte derrière moi, je sais que je reviendrai. Pas seulement pour le tableau. Pour ses mains. Pour son regard. Pour cette liberté nouvelle que je découvre entre ses bras et sous ses pinceaux.

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