Le petit train rouge halète sur la voie tortueuse des Alpes suisses. Je suis Anonyme, cosplayeuse japonaise fluette, nattes sombres encadrant mon visage poupin. Pull blanc moulant ma poitrine, jupe écossaise ample retenue par une épingle. Pas de culotte dessous, pour l’adrénaline du rôle. Chaussures de rando cloutées. Sac lourd sur les genoux. Passagers secoués, grincements infernaux, précipices qui filent. Coincée en face de lui, l’inconnu aux yeux affamés. Virage brutal. Je cale mon pied botté entre sa cuisse et la jambe du Bavarois bedonnant. Relève la jupe. Flash : mes cuisses charnues, mon sexe nu, lèvres sombres, toison courte épilée. Son regard plonge. Il bande déjà. Je souris, impudique. Laine rugueuse frotte ma peau, odeur de mon maquillage sucré – fond de teint, gloss fruité – se mêle à la sueur du wagon. Second pied. J’écarte plus. Il dévore mon berlingot luisant. Tension électrique. Yeux dans les yeux, défi muet. Train qui tremble, mon clito palpite. Gare terminus. Pagaille. La rombière me le catapulte dessus. Il m’écrase, mains sur mes cuisses chaudes, élastiques. Haleine chaude. Bouches se joignent, langues s’emmêlent, sauvages. Odeur lavande de mon savon d’hôtel. Poitrine moelleuse contre lui. Contrôleur grogne. On sort, main dans la main. Hangar sombre, vent glacial dehors.
Seuls. Elle plaque sa bouche sur la mienne, langue vorace. Mes mains sur ses fesses à travers la laine épaisse, je malaxe, écarte. Pubis contre sa bosse dure. Langue qui fouille ma gorge. Elle s’affaisse, défait sa braguette. Sa queue raide jaillit, veines gonflées. Je l’aspire lentement, langue sur le gland salé, lèche la hampe, suce les couilles poilues. Main qui branle la peau coulissante. Il gémit, prêt à gicler. Je remonte. Il écarte mon kilt. Chatte imberbe, trempée. Sa langue lapide mes lèvres, trouve mon clito durci. Je plaque sa tête, coule sur son menton. Orgasme violent, cuisses tremblantes, cris étouffés par le vent. Il remonte, salive partagée. Je me tourne, croupe offerte. Frotte sa bite dans ma raie. ‘Baise-moi le cul, salaud’, je murmure en japonais cassé. Elle guide vers mon trou serré, humide de mouille. Pousse. Serré, chaud. Coups de reins lents, puis bestiaux. Fesses claquent sur ses cuisses. Grincements lointains du train. Latex de mon gloss qui colle nos lèvres quand je tourne la tête. ‘Plus fort, défonce-moi !’ Feulements, cris d’oiseau. Il jouit en moi, sperme chaud qui gicle profond. Râle partagé. Pantalon sur chevilles, sa queue ramollie dégouline.
L’Approche
Baiser léger, sourire complice. Je rabats la jupe, laine froissée collant à ma peau moite. Empoigne mon sac d’un coup de reins, le hisse sur le dos. S’éloigne sans un mot. Hangar froid, écho de mes pas sur le béton. Dehors, terrasse. Je descends la pente glissante, silhouette menue dans le décor minéral. Lui, abasourdi, reste là. Cosplay fini, masque intact. Redevenue étrangère, anonyme. Le train repart sans moi. Fantasme gravé, pour la prochaine geisha des sleepings.