Les néons froids du self Ikea bourdonnent au-dessus des tables en formica. Odeur de köttbulars frits et compote d’airelles sucrée. Je m’approche, salopette bleue tendue sur mes courbes, badge ‘Juliette’ frôlant mes seins. Tu trempes ta dernière boulette, livre ouvert. Mon cœur cogne. ‘Accepteriez-vous de répondre à quelques questions ?’ Ma voix tremble un peu, fausse ingénue. Tension monte direct. Tes yeux glissent sur mes bouclettes blondes, mes lunettes rondes, mes gambettes longues sous le denim rugueux qui frotte mes cuisses.
Tu mordilles. Je ris, penche le buste, badge à hauteur de ton nez. ‘Peut-être l’aviez-vous prématurément dans mon cul ?’ Choc électrique. Sondage innocent vire drague crue. Fréquence de visite, midlife crisis, valise en consigne. Je bois tes mots, crayon entre les dents, yeux pervenche rivés aux tiens. Toilettes ? J’y file, cœur en vrac. Eau froide sur le visage, je change. Bas résille qui éraflent la peau, talons aiguilles claquent, odeur de vanille de mon parfum qui masque le désinfectant aquavit. Camille maintenant. Retour, livre en main : Les batailles impudiques. Tu reconnais. Lectrice de tes textes, allumeuse Nutella. Misanthrope ? Je parie que je t’excite en salope. Marguerite passe le relais, puis Yoko. Perruque noire au carré, kimono soyeux glissant sur mes épaules nues. Chariot roule vers literie. Åsvang trop mou, Vadsö trop ferme. Vatneström parfait. Tension palpable, sueur perle sous le tissu.
L’Approche : Jeu de Rôles et Tension Érotique
Allongés. Yoko souffle : ‘Moi Yoko, toi John.’ Kimono s’entrouvre, cul nu offert. Flashs crépitent, Nikon des clients. Gêne fugace, puis abandon. Ta main sur ma cuisse, résille qui craque sous tes doigts. Odeur de maquillage cheap et excitation musquée. Bouche sur bouche, langues se cherchent, salive sucrée airelles. ‘Baise-moi fort, inconnu.’ Ton sexe dur contre mon ventre, à travers pantalon. Je défais ta braguette, velours chaud palpite. Jambes écartées sur matelas Ikea moelleux, chatte trempée ouverte. Tu plonges, coup de reins brutal. ‘Putain, oui !’ Cris étouffés. Frottement latex perruque contre oreiller, kimono froissé sous nous. Bruits : cliquetis chariots lointains, gémissements rauques, peau claquette. Odeur sueur, vanille, latex synthétique. Je griffe ton dos, ondes de plaisir déchirent. ‘Plus profond, crucifie-moi !’ Positions folles : à quatre pattes, seins ballottent, talons enfoncés dans matelas. Ton souffle chaud dans cou, bites enfouie, jus coule cuisses. Orgasme explose, corps secoué, hurlements contenus. Semence chaude gicle dedans, tremblements infinis.
Essoufflés, sueur froide. Yoko s’efface. Je me rhabille vite, kimono jeté, perruque arrachée. Visage normal, anonyme dans la foule. Tu clignes, cherches. ‘Souvent femme varie.’ Disparue dans allées bondées, chariots grincent, clients anonymes. Valise gare m’attend, train de nuit. Fiction abolie réalité : plaisir gratuit, frissons éternels. Ikea, temple des identités volées, où je reviens toujours, masques prêts.