Les bougies dansent sur les murs de l’appart remis à neuf. Deux mois de chantier pour effacer les traces des Russes. Ce soir, je suis Anonyme. Masque noir couvrant mes yeux, latex moulant ma peau rousse. Cuir fin qui colle à mes cuisses, frottement sec à chaque pas. Odeur lourde de maquillage frais, mêlée à mon parfum musqué. Vincent me fixe depuis le canapé, son appareil photo en main. ‘Captain Dupavé en héroïne secrète ?’ murmure-t-il, voix rauque. Je hoche la tête, cœur battant. La convention cosplay battait son plein dehors, mais ici, c’est notre bulle. Je retire pas encore le masque. L’adrénaline de la fusillade pulse encore en moi. Deux ans après, enceinte du deuxième, mais ce soir, je suis l’inconnue. Sa main effleure le latex de ma hanche. Crissement léger. Tension électrique. ‘T’es pas Catherine ce soir,’ dis-je, voix basse, feutrée. Il approche, souffle chaud sur mon cou. Mes seins tendent le corset. Boutons durs sous le tissu. Je recule vers la salle de bain, bougies allumées, vapeur du bain qui monte. ‘Suis-moi, photographe.’ Il pose l’appareil. Le jeu commence. Mes doigts glissent sur la fermeture du latex, mais je m’arrête. Pas tout de suite. Son regard dévore. Je sens ma chatte gonfler, humide déjà. L’appart sent le vin blanc et la sueur de nos peurs passées. Hervé a appelé tout à l’heure, ‘Tout clean.’ Mais ici, c’est sale qui monte.
Le latex claque quand je plaque mon cul contre son bassin. Gland dur qui pousse le tissu fin. ‘Baise ton Anonyme,’ grogne-t-elle – moi. Il déchire presque le zip. Froid soudain sur ma peau brûlante. Odeur de latex mâle, sueur salée. Je cambre, reins offerts devant la commode. Miroir reflète le masque, mes yeux fous. Sa queue frotte ma raie, glissante de mouille. ‘T’es trempée, salope masquée.’ ‘Prends-moi, voleur d’images.’ Il claque ma fesse. Cuir qui résonne, picotement vif. Je gémis, bas du corps qui tremble. Doigt qui force mon cul, lent, huilé de ma cyprine. ‘T’aimes par derrière, hein ?’ ‘Putain oui, plus profond.’ Il pousse, phalange entière. Mon trou serre, spasme. Bruits humides, succions. Je me retourne, arrache son jean. Queue raide, veines gonflées. Je l’avale, gorge profonde. Glouglous obscènes, salive qui coule sur mon menton. Masque toujours en place. ‘Suce ton héros.’ Il tire mes cheveux roux qui dépassent. Je me relève, jambes écartées. ‘Enfonce-la.’ Il me soulève contre le mur, latex qui grince. Pénètre d’un coup, fondant. ‘Han !’ Cris étouffés. Coups de reins violents, claques de peaux. Odeur de sexe cru, transpiration. Mes ongles griffent son dos. ‘Plus fort, défonce-moi !’ Il cogne, bêtes. Mon clito frotte son pubis, explosion monte. ‘Je jouis !’ Convulsions, jus qui gicle. Il grogne, gicle au fond. Chaud, épais. Corps qui lâche.
L’Approche : Le masque tombe, le désir monte
Masque tombe par terre. Clac. Je suis Catherine à nouveau. Cheveux en bataille, attelle à la jambe cicatrisée. Il m’étreint, essoufflé. ‘Incroyable.’ On s’effondre sur le lit, bougies qui fument. Odeur de baise et cire. Dehors, sirènes lointaines – souvenirs. ‘T’es à moi, Anonyme ou pas.’ Sourire complice. Je disparais dans ses bras, inconnue redevenue amante. Foule de la convention ? Oubliée. Demain, parrain Hervé passera. Ce soir, juste nous. Libérée.